ExoMultiply

03 août 2006

Harmonie et Energie

J’avais posé une question à laquelle je n’ai toujours pas répondu :
« comment une compréhension des quatre éléments fondamentaux ainsi que de leurs interactions entre dans le cadre d'une composition musicale ? »

Il faut peut-être replacer ce qui a été dit des éléments fondamentaux dans le contexte global des « trois jeux » :
  • un sujet qui s’avance en plusieurs étapes à travers un jeu intérieur/extérieur selon un certain angle de vue ; celui de la « caméra subjective »…où la clarté se fait de plus en plus vibrante à propos de ce qui est en train d’être exprimé et de ce que signifie cette musique (intérieure et extérieure)…
  • le brouillard/bruit s’étant estompé, l’espace illimité et le Silence deviennent prépondérant et laissent toute la place aux arrangements de sons qui respectent les lois naturelles… où surgit enfin l'écoute véritable…
  • un jeu de hors champ et de huis clos fait maintenant apparaître/disparaître des interventions structurées à partir d'une « base minimaliste »… Des interventions comme des perturbations transitoires du Silence…

La question est plutôt ; comment concrétiser tout ça… et mettre en place ces arrangements respectueux, maintenant que nous avons une idée plus précise des lois naturelles.
D'ailleurs... quelle est donc cette idée plus précise… ?
Quel est véritablement le second des trois jeux ?

Si je pouvais résumer ce qui a été énoncé dans « les six éléments »… :

L’embryogenèse nous décrit clairement la présence des éléments à chaque stade de l’évolution de la Création… Nous pouvons les voir ou les ressentir dans toute l’étendue de la Nature visible et invisible.
Les « solides de Platon » ou les formes d’ondes sont très certainement les manifestations à l’état pur de ces éléments.
En fonction de ce que l’esprit en perçoit, des qualités propres aux éléments apparaissent (densité, fluidité, lumière, transparence)… on peut percevoir intuitivement le principe (stabilité, fluidité, expansion, mouvement) et le plan (mental, physique, spirituel, astral) auxquels ils sont naturellement liés.
Selon la perception tibétaine, les éléments fondamentaux, dans leur état de pureté, expriment une conscience pure (l’élément transcendé) unie à une sagesse pure (l’agrégat transcendé) (*)

Les qualités, les principes, les plans et les consciences pures sont plus ou moins visibles dans la Nature… en rapport à cette manière d’apparaître clairement ou subtilement, des regroupements entre les éléments fondamentaux se font naturellement.
Selon l’énergie Yang (manifeste) et l’énergie Yin (subtil) des quatre plans, douze combinaisons d’éléments apparaissent alors.

En tenant exclusivement compte de ces deux polarités, deux catégories peuvent être décrites : nuances progressives (Yin) et mouvements rapides (Yang) : c’est le modèle énergétique en rapport avec les trajectoires, les comportements, les macro-structures observées dans la Nature.
Par contre, lorsqu’on examine de près les quatre formes d’ondes, on peut y voir deux groupes de caractéristiques propres à celles-ci : dur et froid (Yin) et, doux et chaud (Yang) : c’est le modèle harmonique en rapport avec la tessiture, la perception, les micro-structures subtiles comme support…

Chacun des quatre éléments contient donc en lui-même les deux modèles :
- l'harmonique, le monde subtil et les micro-structures
- l'énergétique, le monde manifeste et les macro-structures.

Pour une vision globale, il faut envisager l’interconnexion entre le Centre, les lignes de forces et les polarités ; cet ensemble tri-unitaire à partir duquel une étude peut être réalisée au sujet de l’équilibre/déséquilibre des douze combinaisons… selon le phénomène de rupture où persiste cet étrange rapport entre fragilité et résistance…
Suivant la manière qu’ont les douze attributs d’occuper les points de ruptures selon les lignes de forces, trois groupes d’interdépendance peuvent être évoqués… Ceux-ci sont comme des courants bioénergétiques parcourus et partagés par les éléments ; le modèle harmonique, le modèle énergétique, et le battement entre les deux… l’ondo-corpusculaire

Alors que je suis en train d'écrire cette page... je n'avais toujours pas la réponse à la question : "quel est le second des trois jeux ?"
D'où l'intérêt d'écrire parfois... : il apparaît maintenant clairement que le second des trois jeux est celui qui se produit entre le modèle harmonique et énergétique...

A résumer encore :
- le 1er jeu est Intérieur/Extérieur
- le 2ème jeu est Harmonique/Energétique
- le 3ème jeu est Apparition/Disparition (ou "Huis-Clos/Hors-Champs")

Ces trois "jeux" sont simultanés, mais une prépondérance occasionnelle de l'un des trois permet de distinguer peut-être trois étapes qui se succèdent dans le temps.
Ils sont peut-être exactement les mêmes que la tri-unité : Polarités, Lignes de forces, Centre.

De ces trois jeux, j'en retire une notion de mouvement (qui nous ferait passer de l'un à l'autre) et d'immobilité (où le silence serait plus ou moins présent malgré ce passage d'un jeu à l'autre)...
Un mouvement qui serait comme une série de trois immersions/émancipation...comme on passerait d'une pièce chaude à une pièce froide, ensuite à une pièce tiède... avec des sas, des transitions très courtes...
C'est ce que j'avais en tête en parlant des "trois jeux"...passant du lourd pour en aboutir au léger...
C'est un peu comme de marcher en forêt, une forêt peut-être dense comme une jungle... où on sent les présences qui nous suivent... puis...tout à coup, on déboule sur une clairière, en cercle... le soleil y pénètre... on est au centre, là... et on sent bien que plus rien de menaçant ne peut entrer... c'est la présence de l'Enfant (dans le texte), l'issue impensable, the final release...
Donc, comme je disais plus haut, il y a un mouvement où on passe d'une "atmosphère" à une autre... comme si on passait du tango au reggae (ou n'importe quoi d'autre), mais non pas brutalement ; avec ce qu'on appelle du "morphing" en imagerie, une transmutation des polarités...
Des lignes de forces qui se meuvent, changent de forme et de textures... et l'ensemble de ces lignes nous fait passer d'un stade à un autre...

Des enchevêtrements de surimpressions, comme un collage de musiciens cubistes... ca donne un effet d'amoncellements de bruits provenant de l'activité des hommes...

Cette vue d'ensemble me plait... je l'avais envisagé pour le tout début du morceau où on montrerait le bruit, le cacophonie, la dysharmonie et l'obscurité qui viennent de ce que les hommes font comme pollution sonore...
Comme si on ne pouvait plus entendre le chant des oiseaux à cause du bruit que font les avions... Mais pourtant, quand les avions passent, ils continuent de chanter...
Le chant des oiseaux, c'est un peu une ligne de force... comme le fil d'Ariane...
C'est-à-dire que... tout comme le silence, le chant des oiseaux prédomine tous les bruits artificiels des hommes, seulement c'est en background...et donc quasi ou totalement imperceptible...
Mais quand la chose s'écarte un peu, quand l'avion a fini de nous faire chier, qu'il va "audio-polluer" d'autres réseaux horaires sur d'autres continents... nous on peut retrouver le chant des oiseaux... qui n'a jamais cessé...
Un peu comme le Soleil est toujours là, même sous l'épaisse couche des nuages, et même durant la nuit... mais sous d'autres réseaux horaires...
Cette prédominance est le fil d'Ariane, quasi invisible, qu'il faut suivre... du moins, c'est ce que je m'étais dit... ce sont les lignes de forces, fragiles, qui permettent le morphing d'une atmosphère à une autre, d'une polarité à une autre...

Donc j'avais en tête, pour la première phase, une intro assez torturée, bruyante, avec des paysages étranges, déliquescents... qui essaient de montrer la panoplie de ce que les hommes développent sur le mode dysharmonique...
Bien entendu, à l'intérieur de ce bordel, il y a des lignes pures, harmoniques (le fil d'Ariane), mais elles sont d'une discrétion extrême, sans doute...
C'est ce que j'avais essayé de dire dans "cartographie noétique"
Puis, d'une manière ou d'une autre, les lignes se désenchevêtrent... par explosions/implosions ou par modification progressives... voire ces deux modalités Yin et Yang en même temps...
C'est la clairière après la jungle, la tranquilité d'un paysage ensoleillé après l'ouragan...
Et on perçoit alors de mieux en mieux la ligne pure qu'il y avait dans l'ensemble confus de l'introduction... ces lignes pures ne cessent de se mouvoir et les lignes qu'on dira impures se transmuttent ou se disolvent complètement...

Là on entre dans la seconde phase... le jeu entre harmonie et énergie...
On peut maintenant percevoir une sorte d'inframonde, des espaces sonores abstraits... on quitte la référence aux pollutions sonores des hommes... le référent "terrestre" s'estompe et quelque chose de plus léger et "aérien" prend place... "L'écoute véritable" dont j'avais parlé est ici... et c'est là aussi qu'on entre dans une forme d'authenticité...

Vient la troisième phase... au bout d'un second "morphing"...
Quand on est arrivé dans la clairière, la luminosité était si forte qu'elle était aveuglante... et la jungle avait complètement été dissipée...
Maintenant, la perception juste est revenue et, bien qu'on soit toujours au centre de la clairière, on peut percevoir la jungle à nouveau... mais cette fois avec la clarté du Soleil (un autre regard, plus éclairé)... Voilà pour la métaphore.
C'est un peu la fusion des deux phases précédentes... on demeure dans des espaces sonores légers où règnent le silence et l'authentique, mais on percoit aussi le dysharmonique et les lignes dites impures... seulement on n'y est plus du tout immergé... c'est ca la grande différence...
Le dysharmonique s'éloigne et se rapproche, apparait et disparait... alors que le centre lumineux reste immobile et serein, imperturbable à la confusion du dysharmonique...



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(*) Les quatre unifications sont :
-une "sagesse discriminante" unit à une conscience investie de pureté, détachée et protégée des influences extérieures.
-une "sagesse semblable au miroir" unit à une conscience pure, simple et directe des choses.
-une "sagesse toute accomplissante" unit à une conscience salvatrice (aider l'autre à s'aider lui-même)
-une "sagesse de l'équanimité" (où chaque chose et chaque être sont indissociables de l’ensemble et considérés comme faisant partie, à part égale, d'un gigantesque organisme)... cette sagesse est unit à une conscience qui considère tout comme étant son Soi propre, toute chose et tout le monde comme étant complètement "moi-même"...